Compostage domestique et en milieu scolaire

Conférence-atelier

Compostage domestique ou compostage en milieu scolaire

** Voir plus bas dans le texte pour de l'information sur le compostage

Le compostage domestique

Clientèle : grand public et monde scolaire

(Sociétés d'horticulture, institutions scolaires, villes, groupes d'intérêt, entreprises)

Durée: 1½ à 2 heures

Objectif :

Aider les gens à réussir leur compost et leur donner des idées d'utilisation

Contenu :

  • Introduction : Pourquoi composter ?
  • La planification d'un tas de compost
  • Les matériaux
  • L'outillage pour le compostage
  • Règles de base pour réussir son compost
  • Processus de décomposition
  • Le contrôle des problèmes
  • Les utilisations du compost fini
  • Questions-réponses

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Le compostage démystifié!

Une façon écologique de disposer de ses matières organiques

Les matières organiques, aussi appelées matières compostables ou putrescibles, sont définies comme étant « tout résidu qui se putréfie et se décompose sous l’action de micro-organismes ». Pour le secteur résidentiel, on inclut dans cette catégorie les résidus de table et de jardin, incluant le gazon et les feuilles mortes. Au Québec, ces matières représentent 44 % des déchets générés au niveau domestique, soit une moyenne de 181 kg par personne (Caractérisation des matières résiduelles du secteur résidentiel et du secteur public au Québec 2006-2009, rapport synthèse de Recyc-Québec).

Qu’est-ce que le compostage?

Le compostage, c’est une façon écologique de gérer les déchets organiques que nous produisons. Il s’agit d’un processus de transformation accéléré des matières organiques par les micro-organismes et les insectes vivant dans le sol. Au bout de quelques mois, on obtient un amendement appelé compost, une substance riche en nutriments de couleur brun foncé qui a la consistance et l’odeur d’un terreau.

Pourquoi composter?

  • Pour diminuer le volume de nos déchets et protéger l’environnement

    Les matières organiques représentent près de la moitié des déchets que nous produisons et leur élimination a un impact environnemental important. Dans les sites d’enfouissement, où il y peu d’oxygène, leur décomposition entraîne la production de biogaz, principalement de méthane (CH4), un puissant gaz à effet de serre (21 fois plus puissant que le dioxyde de carbone (CO2)) impliqué dans le réchauffement climatique.

    En effet, 450 g (1 livre) de matières organiques enfouies dans un dépotoir produisent 3 mètres cubes (10 pieds cubes) de biogaz (Le compostage facilité, NOVA Envirocom). De plus, l’eau de pluie qui se mêle aux matières organiques et aux autres résidus produit un liquide très acide chargé de contaminants qu’on appelle lixiviat. Il peut arriver que cette soupe toxique s’infiltre dans les nappes d’eau phréatique situées près des sites et les contamine. Finalement, le transport de ces résidus constitue un gaspillage de carburant et une source supplémentaire de pollution.

    En compostant, on aide à mettre un frein à ces effets néfastes pour la santé et l’environnement tout en générant un or brun très utile.

  • C’est une façon naturelle de recycler

    Faire du compost, c’est boucler le cycle de la terre et lui redonner une partie de ce qu’elle nous a donné. C’est aussi faire en sorte que les matières organiques deviennent des ressources plutôt que des contaminants pour l’environnement.

  • Pour remplacer les produits chimiques utilisés en jardinage

    Le compost peut remplacer très efficacement tous les engrais chimiques coûteux et dommageables pour la santé et l’environnement. Il contribue à enrichir et à maintenir la fertilité du sol. Il améliore ainsi la croissance de vos légumes, vos fleurs, vos arbustes et même votre pelouse et ce, sans qu’il vous en coûte un sou.

  • Pour mettre le nez dehors et faire de l’activité physique

    Composter, c’est bon pour la santé! Ramasser des feuilles l’automne, effectuer le retournement printanier et même sortir pour remplir le composteur quotidiennement sont autant d’activités bénéfiques pour prendre l’air et se garder en santé.

La recette du compost

Composter, ce n’est pas sorcier et c’est à la portée de tous! Vous n’avez besoin  que d’un petit bout de terrain, d’un contenant approprié et de quelques outils.

Équipement nécessaire

Le contenant

On peut composter en tas, mais il est préférable de le faire dans un contenant surtout en milieu urbain. En effet, un tas non-protégé peut attirer certains animaux et est plus vulnérable aux intempéries.

Il existe plusieurs types de composteurs sur le marché, disponibles en plusieurs matériaux (ex. plastique, bois) que vous pouvez acheter dans les quincailleries, les centres jardins, les boutiques écologiques ou auprès de certaines municipalités. Renseignez-vous! Leur prix varie selon leurs caractéristiques mais vous n’aurez pas besoin de débourser une fortune pour avoir un composteur qui fonctionne bien.

Vous pouvez aussi en construire un vous-même à partir de planches de bois (cèdre), de planches de plastique recyclé, de palettes de transport récupérées, de briques, de grillage métallique, d’une vieille poubelle sans fond perforée, etc. Les possibilités sont infinies, vous n’avez qu’à laisser aller votre imagination. Important, votre composteur devrait avoir un volume minimum d’un mètre cube pour que le processus de décomposition se déroule correctement et posséder un couvercle afin de mieux contrôler l’humidité. De plus, les modèles à plusieurs sections peuvent être intéressants si vous générez des quantités importantes de matières organiques. Ils permettent aussi de pouvoir bien retourner votre tas d’une section à l’autre et d’entreposer vos outils et de garder vos réserves de feuilles mortes à portée de la main.

Composteur à trois sections en cèdre
Composteur à 3 sections en cèdre
Les outils

Un aérateur (petit outil spécialisé servant à l’aération de votre tas) sera utile mais pas obligatoire. On en trouve dans certains centres jardin et sur Internet. Vous aurez aussi besoin d’une fourche et d’une pelle et d’un petit contenant pour accumuler les matières organiques dans la cuisine, ce qui vous évitera d’aller au composteur plusieurs fois par jour.

Quoi composter?

La matière organique végétale constitue le matériau de base pour le compostage. Elle servira de nourriture aux milliards d’organismes décomposeurs (micro-organismes et insectes) présents dans le sol.

Les matériaux à composter sont divisés en deux grandes catégories : les matières vertes ou humides (riche en azote) comme les résidus de cuisine, les rognures de gazon et les résidus de jardin et les matières brunes ou sèches (riches en carbone) telles que les feuilles mortes, la paille ou le bran de scie.

Les matières compostables

Matières vertes humides
Riches en azote

Matières brunes sèches
Riches en carbone

  •  Morceaux et pelures de fruits et légumes (cuits ou crus)
  • Mauvaise herbes fraîches (non montées en graines), plantes et fleurs fanées
  • Rognures de gazon (en petite quantité)
  • Sachets de thé, tisane, marc de café et filtre
  • Excréments d’herbivores et leur litière (lapin, hamster, oiseaux, etc.)
  • Coquilles d’œufs (calcium)
  •  Feuilles mortes (sauf chêne et noyer) *
  • Paille (éviter le foin)
  • Papier déchiqueté (mais préférable de le recycler), papier essuie-mains, papiers mouchoir
  • Pâtes alimentaires, pain et riz (nature)
  • Écales, noix et noyaux
  • Sciure de bois, brindilles
  • Plantes mortes et herbes séchées
  • Terre

* Les feuilles mortes demeurent la matière sèche par excellence en raison de leur abondance et de leur disponibilité. Vous devrez en faire provision pour en disposer tout au long de l’année. Assurez-vous de les ramasser bien sèches. Conservées dans des sacs de plastique fermés hermétiquement et entreposés dans un endroit sec et facile d’accès, elles se conserveront sans problème pendant plusieurs mois. Éviter les feuilles de chêne et de noyer riches en tanins qui se décomposent très lentement.

Certaines matières devraient être évitées, parce qu’elles peuvent nuire au processus de décomposition, générer de mauvaises odeurs et attirer des visiteurs indésirables (moufettes, ratons laveurs, écureuils, etc.).

Les matières à éviter…
  • Viandes, os et poissons
  • Huile, gras et vinaigrette
  • Feuilles de rhubarbe (insecticide naturel)
  • Matériaux contaminés par des produits dangereux (ex : bois traité)
  • Produits laitiers
  •  Poussière d’aspirateur
  • Excréments de chiens et de chats
  • Plantes ou gazon traités avec pesticides
  • Plantes nuisibles (ex : herbe à poux)
  • Plantes malades
  • Charpie de la sécheuse

La clé du succès en compostage est l’équilibre entre les matières vertes riches en azote et les matières brunes riches en carbone qui devront être présentes en quantités à peu près égales.

Le secret : toujours ajouter des quantités égales de matières humides et de matières sèches.

Ainsi, à chaque fois que vous ajouterez des déchets de cuisine, vous devrez mettre la même quantité de feuilles mortes ou de paille par-dessus les matières humides. Un tas bien équilibré ne dégagera aucune odeur et permettra au processus de décomposition de s’effectuer de façon optimale.

La façon de procéder

  •  Choisir un endroit mi-ensoleillé si possible et à l’abri du vent pour l’emplacement de votre composteur. Cet espace doit être engazonné ou en terre battue et être facile d’accès hiver comme été.  Éviter les creux où l’eau pourrait s’accumuler.
  •  Ameublir le sol à l’aide d’une fourche.
  •  Installer votre composteur et faire un nid de branches et de feuilles mortes bien sèches dans le fond. Cela permettra une bonne aération et évitera que votre tas ne se compacte au sol.
  •  Déposer les matières organiques vertes (résidus de cuisine) en alternance avec les matières sèches (feuilles mortes) en quantités égales. Les feuilles mortes devraient toujours recouvrir complètement les matières organiques. Vous pouvez accumuler les matières dans le bac tout au long de l’année. Le processus sera stoppé en hiver mais reprendra au printemps lors de la remontée des températures.
  •  Aérer le tas de compost à l’aide d’un aérateur ou d’un outil pointu (fourche, pieu, manche de râteau, etc.). Enfoncer l’outil au fond du bac et le remonter à la surface à plusieurs reprises (au moins 10 fois). Répéter cette technique aux deux semaines.

L’aération du tas est nécessaire au travail des organismes décomposeurs qui ont besoin d’oxygène pour bien travailler mais, contrairement à la croyance populaire, il n’est pas nécessaire de brasser et de retourner le tas à chaque fois. Au contraire, un retournement trop fréquent nuit au processus de compostage en abaissant la température.

  • Garder le tas humide mais non détrempé. Un couvercle aidera à contrôler l’humidité en limitant l’effet de la pluie. S’il y a un excès d’humidité, brasser le tas et ajouter des matières sèches et dans le cas contraire, arroser légèrement ou ouvrir le couvercle lors d’une journée pluvieuse.

Le retournement printanier

Au printemps, on doit procéder au retournement du tas de compost. C’est la seule fois de l’année où vous aurez à brasser. En effet, après la fonte, au dégel, il faut réveiller les organismes décomposeurs en remuant le tas de compost de fond en comble à l’aide d’une fourche. En même temps, on oxygène le tas et on vérifie l’état du compost, ce qui nous permet de rectifier le tir s’il n’est pas équilibré (en rajoutant des feuilles s’il est trop humide par exemple). Après le retournement, ces matières ne prendront que quelques semaines à se décomposer.

Si tout se passe bien, vous obtiendrez votre compost dans un délai de 4 mois à deux ans, dépendamment de l’effort investi. Au niveau domestique, cela prend de 6 mois à 1 an, en moyenne. Pour accélérer le processus, il faut bien veiller à ce que le tas soit équilibré. On peut aussi arroser, déchiqueter les matériaux et aérer fréquemment.

De petits problèmes?

Le secret de la réussite : bien surveiller son compost. Une observation attentive et régulière permettra de déceler les problèmes et de les régler plus facilement et surtout, plus efficacement.

  •  Des odeurs ?

 Un tas de compost équilibré ne devrait pas dégager d’odeurs désagréables. Celles-ci sont souvent dues à un manque d’aération et/ou à un déséquilibre dans les quantités de matières (surplus de matières vertes humides azotées). Pour remédier à la situation, aérez, ajoutez des matières sèches (feuilles mortes) ou, dans les cas extrêmes, faire un retournement d’urgence. Le tout devrait rentrer dans l’ordre en quelques jours.

  •  Des petites mouches ou des guêpes tournent autour du bac ?

Ces petits visiteurs ne sont pas impliqués dans le processus de décomposition et sont attirés pas le sucre des fruits.  Pour les éloigner, il suffit de bien recouvrir les matières de cuisine avec des feuilles mortes ou de la paille. Pour chaque part de résidus, déposer une part égale de matières sèches par-dessus.

Quelques trucs et astuces :

  • Les gros résidus prendront moins de temps à se décomposer s’ils sont découpés en petits morceaux. Évitez les fruits et légumes entiers.
  • Ne déposez pas de mauvaises herbes montées en graines dans votre compost. Vous les aideriez à se répandre sur le gazon et les plates-bandes la saison suivante.
  • Les noix et les noyaux prennent parfois 2 à 3 ans avant de se décomposer complètement. Vous n’aurez qu’à les retirer du compost mûr et les remettre dans le tas où ils continueront à se décomposer.
  • Le papier déchiqueté peut être composté. Il peut même remplacer, en cas de nécessité seulement, les feuilles mortes ou la paille comme source de matière sèche, mais pour quelques semaines seulement. On suggère de ne pas l’utiliser à long terme car il a tendance à former des couches compactes qui ne se décomposent pas bien. De plus, au point de vue environnemental, il est préférable de le recycler, puisqu’il peut être recyclé jusqu’à 7 fois, évitant ainsi le gaspillage de ressources.

Le compost mûr

Le compost est prêt à être utilisé lorsqu’il est de couleur foncée, que sa texture est friable et que l’on ne peut plus reconnaître la plupart des matières d’origine. Vous pouvez tamiser votre compost afin d’éliminer les matières qui ne sont pas entièrement décomposées et retourner celles-ci dans le tas.

Les bienfaits du compost mûr
  •  Le compost donne à la terre beaucoup de vigueur parce qu’il contient de l’humus.
  • L’humus améliore les sols en leur permettant de mieux retenir les nutriments et l’eau.
  • Avec du compost, le sol devient plus fertile.
  • Le compost est excellent pour l’agriculture. C’est une alternative écologique aux engrais chimiques.
Que faire avec le compost mûr?

Quelques exemples d’utilisation pour votre compost :

  • Dans le potager ou au jardin :
    •  Incorporer 5 à 10 cm de compost à votre terre de jardin avant de planter fleurs et légumes. Le compost retient l’humidité et améliore la structure du sol.
    •  Appliquer le compost directement autour des plantes, particulièrement les vivaces, afin de contrôler les mauvaises herbes et conserver l’humidité.

Rappelons que certaines espèces préfèrent le compost jeune, comme les tomates, les cucurbitacées et le maïs et d’autres le compost mûr comme l’ail, les carottes, les laitues et les fines herbes. Vous retrouverez les détails de ces particularités dans tout bon livre de jardinage.

  • Sur la pelouse :
    • Pour redonner de la vigueur au gazon, tamiser une fine couche de gazon avec les semences. Pour l’entretien, aérer le sol et étendre, à l’aide d’un râteau, une couche de compost qui ne doit pas dépasser la hauteur du gazon.
  • Pour les plantes intérieures :
    •  Lors du rempotage, mélanger 1/3 de compost avec une quantité équivalent à 2/3 de terre.
  • Thé de compost :

Fabriquer un thé de compost en faisant infuser pendant 24 heures, dans une chaudière remplie d’eau, une pelletée de compost déposée dans une vieille taie d’oreiller. Utiliser le liquide nutritif obtenu pour arroser vos plantes ou vos fleurs.

Quelques références :

NOVA Envirocom. 2002. Le compostage facilité. Guide sur le compostage domestique. (vous pouvez télécharger ce guide gratuitement sur le site de Recyc-Québec).

Nature-Action Québec. Dépliant  Faire du compost, c’est facile!

Fondation RHA. 2009. Guide d’implantation du compostage en milieu communautaire.

Quelques sites web intéressants :

www.recyc-quebec.gouv.qc.ca

www.compost.org

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